samedi 19 novembre 2016

Les Déesse Avaloniennes de Souveraineté de Tiffany Lazic






Couronnée sur l’Île des Pommes :
Les Déesses Avaloniennes de Souveraineté

De Tiffany Lazic

Traduction et adaptation de Delphine Serpentine




Artiste : Jim Fitzpatrick


L’attrait de la mythologie celtique est réellement puissant. Les héros et les Déesses fortes sont connectés intimement à la Tribu et à la Terre. La part galloise de la mythologie celtique offre une riche trame, tout spécialement avec les anciennes histoires issues du Mabinogion. Là où nous rencontrons tout particulièrement l’aspect gallois des Déesses Celtes. Chacune, à sa façon, sert de guide aux femmes cherchant à revendiquer leur Souveraineté Intérieure : jusqu’à être capable d’embrasser leur Reine Intérieure.

Rhiannon est la douce et digne Déesse quittant l’Autre-Monde pour épouser son bien-aimé, le mortel Pwyll. Ses titres incluent « La Grande Reine », « Déesse de Chevaux » et « Déesse des Trois Oiseaux ». Alors que Son cœur est empli de joie à la naissance de Son fils, les influences de l’Autre-monde font des ravages pour le lui retirer. Rhiannon est alors accusée du décès de l’enfant. Sa punition, porter les visiteurs de la cour sur son dos, dure des années, jusqu’à ce que la vérité soit révélée et que Pryderi soit rendu à ses parents.
Rhiannon est, pour nous, un modèle sur la façon de surmonter un processus au lieu de se battre contre. Agir ainsi nous amène à relever quelques défis, mais nous acquérons la force et la certitude sur notre capacité à les gérer. Elle nous enseigne à ne pas hurler notre vérité telle une trompette afin qu’elle soit entendue. Mais, à l’inverse, si nous demeurons connectée à notre Vérité intérieur et que nous n’abandonnons pas, il nous sera donné de voir par nous-même en temps voulu. Et, peut-être plus que tout, Elle nous apprend à conserver notre dignité en toutes circonstances.

Ceridwen est la puissante et quelquefois déconcertante « Déesse de la Magie et de la Transformation ». Sa fameuse histoire est celle de la création d’un breuvage magique destiné à insuffler la sagesse à son fils disgracieux. Cependant, une année entière de dur labeur est balayer lorsque de que le jeune Gwion Bach reçoit les trois précieuses gouttes. Ceridwen, furieuse, poursuit Gwion en passant par plusieurs transformations, alors que ce dernier tente d’échapper à Son courroux. Finalement, il devient un grain dans un tas de blé. Rusée, Ceridwen devient une poule et avale tous les grains, capturant Gwion en elle. Neuf mois plus tard, Elle donne naissance à un si bel enfant qu’elle le nomme Talieson (« Front Brillant »). Oui : le seul et le même.
Un des plus forts messages de Ceridwen est de ne jamais, jamais, jamais abandonner. Si la vie vous offre un défi, prenez-le à bras le corps et faites tout ce que vous pouvez pour le surmonter. Si après, des heures, des jours, des années de dur travail, la vie vous feinte encore, ne tombez pas à terre. Le changement est peut-être ce dont vous avez besoin dans cette situation. Ceridwen possède de nombreuses facettes et nous guide à travers autant de mystères. Bien qu’indubitablement Son aspect Crone s’avère parfois être un défi, elle sait aussi arborer le visage d’une mère aimante et compatissante.

Arianrhod est la déterminée et autonome « Déesse de la Roue d’Argent » et « Déesse des Cieux ». Bien qu’elle ne soit reliée à aucun homme, mortel ou pas, elle donne naissance à deux garçons à la cour de son oncle dans une situation plutôt embarrassante provoquée par son frère Gwydion. Le premier fils, Dylan, glisse jusqu’à la mer pour y vivre. Le second est élevé par Gwydion. Lorsque le garçon est assez grand, il conduit à Arianrhod qui lui impose trois geis. Un geis étant une chose entre une malédiction et un défi : impossible à ignorer mais possible à contourner. Le premier geis d’Arianrhod est que le garçon ne recevra pas de nom à moins qu’elle ne l’autorise. Elle est trompée est se faisant, Lleu Llaw Gyffes reçoit son nom. Le second geis est que Lleu Llaw Gyffes ne porte qu’une arme qu’Elle lui aura donnée. Une fois encore, Elle est dupée par Son frère, Gwydion. Le dernier geis est que le jeune Lleu ne puisse jamais avoir d’épouse mortelle. Cela amène à une autre Déesse.
L’histoire d’Arianrhod est un message sur la façon de négocier son chemin jusqu’à la Souveraineté. De nombreuses preuves en attestent par Son propre cas. Elle mène les femmes de Son château. En fait, elle a le pouvoir sur deux châteaux : le Caer Arianrhod et le Caer Sidi. Elle connaît Sa valeur même lorsque les autres tentent de la tirer vers le bas. Elle n’a pas de gêne avec Sa colère et n’oublie pas quand les autres essayèrent de l’intimider en l’accusant d’être mauvaise. Et pourtant, dans un même temps, elle apprécie la beauté. En tant que Maîtresse des Cieux Célestes, elle est en phase avec les modèles, les cycles et l’ordre. Et plus important encore, le don de vérité de l’histoire d’Arianrhod se trouve dans la responsabilité des trois geis. A travers ceux-là, Elle nous raconte ce qu’il y a au cœur de la Quête pour atteindre notre Souveraineté.

Blodeuwedd est la charmante Déesse créée à partir de fleurs, par Gwydion et son oncle Math, pour devenir la fiancée de Lleu. En fait, son nom signifie «  Fleur-Visage ». Créée pour être la magnifique mais docile Reine de Lleu, Blodeuwedd change la donne quand elle tombe amoureuse d’un étranger, Gronw. Leur amour mène Lleu à sa perte (qui se change en aigle), ce qui met Gwydion en rage. Ce dernier ramène Lleu à la vie sous forme humaine et punit Blodeuwedd en la changeant en Chouette – « Un oiseau détesté par tous les autres oiseaux »- et laisse Lleu tuer Gronw.
Il y a plusieurs niveaux de lecture à cette historie. La magie et le mystère de Sa création. Son voyage d’Esprit à femme. Le silence de Sa Souveraineté aux côtés de Lleu. La rencontre foudroyante entre Grown et Elle. Sa punition. A de nombreux égards, Elle est le symbole du voyage de la femme à travers l’histoire, particulièrement milieu XXième siècle. De la femme de Lleu à celle qui trouve Sa propre voie et choisit la passion, cette progression peut être perçue comme le reflet du voyage collectif du stéréotype féminin précédant et comprenant les années 50 jusqu’au mouvement de Libération de la Femme des années 60.  Elle incarne le courage de la prise de risque au regard de sa situation limitative et se lance dans un cycle actif qui autorisera Son Esprit à prospérer plutôt que survivre. Blodeuwedd nous montre comment choisir et honorer ce qui anime nos cœurs et d’avoir le courage de s’en emparer. Se faisant, Elle devient « La Vierge-Chouette » qui peut voir même dans le noir et qui a conscience de la sagesse qui s’y trouve.

L’histoire de Branwen est certainement la plus triste de toutes. En tant qu’  « Une des Trois Grandes Matriarches de Bretagne », elle est fiancée au Roi d’Ireland qui insulte son demi-frère. Toutes les tentatives pour étouffer le conflit grandissant sont contrariées par ce même demi-frère, ce qui en résulte une guerre et la dévastation. Seuls sept personnes survivent et Branwen meurt le cœur brisé.
Branwen se présente comme le centre inébranlable des Déesses de la Tradition Avalonienne. Elle n’essaie pas de contraindre et de défier pour obtenir des actes ou des comportements des autres, chacun suit son propre chemin. Elle EST tout simplement et ceux qui L’entourent manifestent le meilleur d’eux-mêmes, ou pas. Elle incarne le message du Libre-Arbitre et le choix du comment sur les situations et les circonstances. Elle est réellement le point fixe autour duquel toutes actions (et destruction) se produisent. Ainsi Elle est peut-être la plus humaine de toutes les Déesses. Son cœur brisé, symbolisé par le rocher fendu du Bedd Branwen, est le témoin de Son amour et de Sa compassion.

Chacune de ses Déesses en elles-mêmes offre un message puissant sur la façon de surmonter les défis, à la fois intérieurs et extérieurs, impliquant la révélation de la vérité et de nos propres forces. Chacune, avec Sa propre histoire, offre un guide sur la façon d’atteindre notre Souveraineté. Cependant, le véritable pouvoir de leurs messages  se révèle quand ils sont perçus  comme les aspects d’un plus grand Tout. Dans la Tradition Avalonienne, chacune de ses Déesses prodigue une énergie-guide à chaque étape du Cycle de Guérison Avalonien. Reconnaître cette croissance n’est pas un chemin court, facile et rectiligne, le Cycle attire sur des sujets particuliers issus des messages de chacune des Déesses pour avertir sur les différentes épreuves que nous rencontrerons tout au long de notre voyage.  En acceptant pleinement notre Vérité et notre Force, de façon à reconnaître et embrasser notre Reine Intérieure, ces cinq Déesses marchent ave nous, nous soutiennent, nous guident à chaque instant, sans regard pour les obstacles qui peuvent survenir. Elles apportent la dignité et la persévérance, la sagesse et la détermination, la passion et le choix, la consolation et l’encouragement. Mais plus que tout, elles donnent le reflet de ce mieux que nous cherchons à atteindre en nous-mêmes. Ensemble, Elles offrent la Couronne de l’île Bénis et le Manteau de Souveraineté. Il nous revient de l’accepter selon notre bon vouloir.

mercredi 11 mai 2016

Elle est dans mon Cœur - Partager la Voie de la Déesse avec ma fille par Jhenah Telyndru, The Beltane Papers n°41, 2007

Traduction et adaptation par Delphine Serpentine



     -    Comme ça maman ? ”

-          Oui comme ça ma Chérie.”

 
Ma fille de trois ans était penchée sur les têtes duveteuses des pissenlits leur demandant à voix basse la permission de les cueillir. Après un moment, celui de recevoir la réponse, Ariana lève son regard vers moi et m’annonce excitée « elle a dit oui maman ! ».

J’opinai du chef. Avec soin et l’intention ciblée qui vient si naturellement aux enfants, elle cueillit la fleur, la pressa contre sa poitrine tout en faisant s’envoler une partie des graines dans son enthousiasme.
«        Que vas-tu faire avec maintenant mon lapin ? , demandai-je.

-          Je vais envoyer des baisers à la Déesse ! »

Elle ferma les yeux un instant, sa bouche rose pointant en avant sur la tête blanche du pissenlit. Puis elle souffla joyeusement, libérant les graines qui prirent leur envol dans les airs. Entourée de flocons blancs, elle riait avec délice. Vivre dans une zone urbaine comme nous fait que j’ai pris soin à lui enseigner la Nature et ses cycles. C’est subtil comme les fleurs qui s’épanouissent dans les failles des trottoirs pour convoyer des baisers à la Déesse, jusqu’à la magnifique Lune qui nous suit à la maison pour veiller sur notre sécurité, partageant les voies de la Déesse avec ma petite file de quatre ans maintenant. Ce qui m’apporte une joie incommensurable.

En tant que prêtresse dédiée depuis plusieurs années au culte de la Dame, j’avais vécu ma grossesse le plus consciemment possible, connectée aux énergies de la Grande Mère et lui demandant sa bénédiction pour le miracle grandissant en ma matrice. Lorsque Ariana Starling naquit en urgence par césarienne la veille du 11 septembre, mon monde se réduisit à cette enfant minuscule arrivée dans un monde d’incertitudes, au cœur de sa propre lutte. Elle passa neuf jours en soins intensifs, reliées à des tubes, des machines recouvrant son corps. Elle lutta pour gagner en force. Bien que ma ville natale ait été  attaquée, je pouvais à peine gérer tout cela à la lumière de mon cœur brisé alors que je lui envoyais tout le reiki que j’avais dans son petit corps malgré mon propre état de faiblesse.

La peine de quitter l’hôpital sans son enfant à peine né est sans égale, et bien que je fus affligée, je savais qu’il y a des femmes qui ne sont pas sûres que leur petit sera bientôt en bon santé et  la maison. Je priais pour être guidée, réconfortée et pour la guérison et, pour finir, mon désir le plus cher fut assouvi : ma chère petite fut à la maison, avec nous, saine et sauve.

Les quatre années qui suivirent et jusqu’à maintenant, il n’y a pas un jour où je ne remercie pas la Déesse pour ma fille, ma plus grande bénédiction dans la vie. Je considère comme un grand honneur et une responsabilité énorme de guider son âme lumineuse à travers la croissance et l’expérience jusqu’au jour où elle revendiquera sa pleine souveraineté de femme. Qu’avec des ailes fortes, désireuse de s’envoler, elle quittera la sécurité du nid, prête à suivre les courants de son choix. Mon espoir est que, lorsque viendra ce jour, elle aura avec elle une bonne base morale et une conscience de soi, forte et centrée pour la rendre capable de traverser chaque tempête et d’atteindre tous les sommets, peu importe leur hauteur.

Dans son œuvre de changement de vie, Circle of Stones: Woman’s Journey to Herself, l’auteur 
Judith Duerk demande :
 « En quoi votre vie aurait-elle été différent si il existait un endroit pour vous ? Un endroit où se 
rendre…un lieu de femmes afin d’y apprendre les chemins de la femme…un lieu où vous auriez 
été nourrie à la source ancienne, vous soutenant, vous renforçant, vous confirmant pour 
devenir vous-même. Un endroit avec des femmes pour vous aider à vous trouver et vous 
enseignant à faire confiance à la source ancienne déjà présente en vous…attendant la libération…
un lieu de femmes…en quoi votre vie peut être différente ? ».
 Pour ma fille et celles des autres femmes les élevant en connaissant la Déesse et en reconnaissant
 leur nature sacrée en tant que femme, nous avons créé ce lieu, même si, pour la plupart, il ne 
s’agissait pas tant de ça. En quoi ma vie aurait réellement différente si, comme ma fille,  j’avais 
pu pénétrer dans la sombre obscurité d’une tente de sudation de la Vierge à l’âge de trois ans ? 
Si j’avais appris à chercher mes réponses et recevoir ma validation provenant de mon for 
intérieur ? Si j’avais connu que mes expériences en tant que fillette puis femme étaient sacrées ? 
Si j’avais été encouragée à trouver ma propre voie pour me connecter au Divin ?  Si j’avais été 
amenée à reconnaître que mon corps est beau, mes émotions puissantes et ma capacité à 
m’exprimer par moi-même sans limite ?
 
Une des façons que j’avais essayées pour entretenir le sens du sacré dans la vie de ma toute petite fille fut de l’inviter à partager lors d’expériences communes de la Déesse à des rassemblements féminins. Le rassemblement annuel dans le nord-est des Etats-Unis est un moment puissant pour de telles expériences. A son premier rassemblement, en 2004, Ariana et moi nous tenions hors de l’espace rituel, entourées d’amis et d’étrangers, tous unis dans notre amour pour la Déesse. Mon petit bout de trois ans arpentant le chemin, ramassant des cailloux et les offrants aux personnes alentours. Ces derniers étaient sous son charme et chérissaient la pierre toute spéciale qu’elle ramassait tout spécialement pour eux.
A cause du mauvais temps, le rituel d’ouverture se tenait en intérieur et nous étions assises au font du grand gymnase car je n’étais pas certain de l’attitude d’Ariana dans un si grand groupe de femmes et je ne voulais que l’énergie du travail soit perturbée. En réalité, je n’aurais pas dû être inquiète de ça. Elle était complétement prise par les chants et les tambours, se balançant au rythme des danseuses au serpent qui bénissaient l’espace sacré. A chaque quartier appelé, le groupe répondait «  Sois bénie » et dans le silence qui suivit Ariana dit haut et fort : « que la bénédiction soit ! ». Au son de sa voix, des centaines de femmes se retournèrent sur elle pour voir à qui appartenant cette petite voix pleine de confiance et elles sourirent à la plus petite des prêtresses. Et à chacun des quartiers, elle répondait «  que la bénédiction soit ! » dans son coin, faisant sourire et rire autour de nous.

Pour le reste du festival, tout le monde la connaissait et la reconnaissant. Surnommée « Prêtresse des Bénédictions, Ariana était approchée et pris dans ses bras de nombreuses femmes qui avaient été touchées par sa participation durant le rituel. Durant le festival, je réalisais qu’Ariana avait appris sur la Déesse et sur sa propre nature spirituelle, ce processus véritable qui était une source d’enseignement, d’ouverture et de guérison pour les autres femmes présentes. Je n’ai jamais été aussi fière d’être simplement « la mère d’Ariana » et c’est un rôle que je chérirai toujours, maintenant ainsi la joie dans mon cœur.

Voir la puissance de la Déesse dans les yeux d’un enfant, c’est comme la voir pour la première fois.
La danse spiralée des feuilles poussées par le vent devient bien plus magique quand un enfant s’en réjouit.

Prêter attention aux cycles de la lune détient bien plus de mystères ainsi que de tracer son flux et reflux avec le ruban d’une vierge à vos côtés. A travers l’émerveillement et la joie de ma fille, certaines choses que je pensais avoir comprises et maîtrisées symboliquement et intellectuellement ont trouvé dans mon âme de quoi s’enraciner et s’épanouir à nouveau, imprégnées par la grâce et le sentiment d’une profonde beauté.

Me rappelant comment j’avais procédé lors de mes premiers pas sur la voie de la Déesse, je me remémorais comme il était difficile pour moi d’entendre Sa voix avec clarté et discernement. Cela prend du temps pour démêler les nœuds de ma résistance intérieure, prise dans mes problèmes d’estime de soi et d’inutilité.

En quoi mon expérience aurait été différente si je n’avais pas passé autant de temps et d’énergie à me combattre et me remettre en question ! Je sais que si je pouvais offrire uen chose à a fille ce serait d’avoir confiance en sa sagesse intérieure et de réaliser pleinement sa nature sacrée en reconnaissant que la source du Divin est partout et surtout en soi.

Une nuit alors qu’Ariana était prête à se coucher, elle regarda la Déesse accrochée au-dessus de notre lit depuis le jour de sa naissance.

«  -       Qui est cette dame, Maman ? »

Elle désigna l’image du doigt. Je l’avais acheté car elle m’évoquait l’énergie de la Déesse m’ayant inspiré le nom de ma fille.

«    -     C’est une représentation de la Déesse, lui dis-je.

-          C’est la Déesse ?

-          Non ma chérie ! Ce n’est pas Elle. C’est juste une image d’Elle. Elle nous rappelle qu’Elle est toujours avec nous, veillant sur nous, nous aimant.

-          Oooh, dit-elle, comme si elle avait compris.

Je profitais de ce moment.

-          Sais-tu où est réellement la Déesse ?

Elle regarda l’image, réfléchit un moment.

-          Dans tout ce qui nous entoure avec la Lune et les Etoiles ? répondit-elle en observant attentivement l’image la surplombant.

Je souriai.

-          Non, mon trésor, par dans ce qui nous entoure. La Déesse vit dans nos cœurs.

-          Dans mon cœur ? répéta-t-elle, doutant de cette nouvelle information.

-          C’est ça. Dans ton cœur. Et chaque fois que tu voudras Lui parler, tout ce dont tu as besoin est de fermer les yeux et de poser tes mains sur ton cœur. Tu le sentiras s’emplir d’amour. Une fois que tu sens cet amour doux et chaleureux, tu pourras Lui parler de ce que tu veux. Essaie !

Alors elle ferma ses yeux et mit ses mains sur son cœur.

-          C’est ça, l’encourageai-je, pense à tout ce qui te rend heureuse : dessiner, danser, jouer avec les chats. Tout ce que tu veux. Maintenant, pense à toutes les personnes que tu aimes et qui t’aiment : moi, papa, tes grands-parents et cousins et oncles et tantes. Pense à tout ça comme si tu voulais les embrasser et les serrer contre toi, dans la douce chaleur que tu sens dans ton cœur.

Alors que je parlais, je voyais un sourire s’épanouir sur son visage au fur et à mesure qu’elle imaginait toutes ces choses.

-          Comment te sens-tu ?, demandai-je.

-          Bien !

-          Très bien ! C’est là où se tient la Déesse, là dans ton cœur ! Maintenant tu peux La questionner et Lui parler de tout ce que tu veux.

-          Ok, dit-elle, et elle resta calme durant quelques instantes. Je relevais la façon instinctive avec laquelle sa respiration était devenue apaisée et rythmée.

Elle ouvrit les yeux.

-          La Déesse a dit qu’Elle était aussi dans ton cœur, Maman !

Les larmes aux yeux, je lui répondis :

-          Oui ! Oui, Elle y est ! Elle est dans le cœur de tout ce qui vit.

-          Même mes chats ?

Je l’attrapai et lui donna un énorme câlin :

-          Particulièrement dans tes chats ! »

Il est difficile de savoir ce qu’un jeune enfant comprend vraiment de concepts abstraits tels que la Déesse et l’amour et ce que l’on comprend « par le cœur ».J’avais trouvé qu’il était important de ménager un espace pour ces concepts et les renforcer le plus possible quand les opportunités se manifestaient. Je suis souvent étonnée par le niveau élevé de réflexion qu’un enfant est capable de démontrer, notamment en matière de spiritualité. Peut-être est-ce parce qu’ils sont plus proches du’ monde spirituel que nous, et qu’ils ont les souvenirs de la vraie nature de leur âme. Ou peut-être est-ce car ils ne savent pas encore que ce veut dire « impossibilité », une bénédiction dont je pense qu’il est du devoir des parents de protéger. Et même en sachant cela, je suis souvent impressionnée et ressens de l’humilité face à ma fille.

« - Maman, qu’est-ce qui ne va pas avec Arbres-et-Fenêtres ? Elle ne bouge plus. »

L’inévitable question qui arriva plus tôt que je n’avais espéré. Mon mari avait gagné un poisson rouge pour Ariana à une kermesse le week-end précédent. Elle avait pris son petit poisson et l’avait nommé Arbres-et-Fenêtres. Nous avons pris un bocal avec des perles bleu cobalt et un morceau de corail pour lui faire un petit nid douillet. Nous avions mis le bocal dans la chambre d’Ariana et, fièrement, elle la nourrissait quotidiennement. Et maintenant ça 

J’ai suivi Ariana dans sa chambre et constata qu’Arbres-et-Fenêtres n’était plus parmi nous. Son corps flottait à la surface de l’eau, le ventre en l’air. Ah !Comment expliquer la mort à une enfant de trois ans ! Je l’ai prise contre moi.

«     -    Chérie, j’ai bien peur qu’Arbres-et-Fenêtres ne soit morte.

-          Morte ?

-          Oui mon Amour. Elle est retournée vers la Déesse et tout ce qui reste est son corps. »

Elle versa quelques larmes quand nous enlevâmes le corps du bocal et, avec révérence, le corps du petit poisson eu sa cérémonie de la spirale aquatique de la renaissance – les toilettes.

J’ai pris le bocal vide, Ariana resta en retrait car elle voulait passer un peu de temps seule. Après un moment, elle vient me voir et déclare :

«     -    Maman, Arbres-et-Fenêtres ne me manque pas.

-          Ah bon ? Pourquoi ?

-          Parce qu’elle est dans mon cœur. Elle est partie vers la Déesse et la Déesse est dans mon cœur alors Arbres-et-Fenêtres y est aussi. »

Bonté ! Quel bond en avant pour un jeune enfant sur un tel concept théologique si complexe ! J’étais heureuse et étonnée qu’elle ait été capable d’intégrer cela. J’essayais de lui enseigner avec douceur et qu’elle était capable d’en user comme source de réconfort. Ainsi, cela évoquait la reconnaissance de l’interconnexion, d’une compréhension dont je crois qu’elle estla fondation pour une vie vécue en harmonie, avec respect de la Terre et de ce qui y vit.

J’ai appris aussi que la présence du Présent (notion temporelle) sacré est le constant compagnon d’un enfant. Ma fille n’a pas besoin de penser à honorer l’essence de vie, c’est une seconde nature pour elle d’avoir de la gratitude pour les dons des feuilles, des fleurs et grains, d’envoyer des baisers au Soleil pour sa chaleur ou d’étreindre fraternellement chaque arbre que nous croisons. La beauté du cheminement sur la voie de la Déesse avec Ariana est que je découvre des ouvertures dans des domaines dont je ne pensais pas que c’était possible dans ma vie, ainsi j’apprends à voir et à explorer le monde d’une nouvelle façon. Qu’il s’agisse de regarder les fées parmi les fleurs sauvages ou de remercier les criquets pour leur chant crépusculaire, je soigne les vielles blessures de la limitation, m’offrant une renaissance à travers le don que représente ma fille. 

J’aime la regarder lorsqu’elle est complétement immergé dans son monde intérieur, inattentive à ma présence, sans aucune conscience de soi. Elle construit des maisons de fées avec des pierres et des branches lorsque nous sommes chez sa grand-mère, elle cuisine des tartes et des gâteaux magiques à donner pour ses dînettes avec les fées. Elle aime réarranger l’autel que nous avons dressé dans sa chambre, le parsemant toutes sortes de feuilles, de coquillages et fleurs pour le décorer, parlant à la gravure sur bois de la Déesse tenant un bébé (« C’est moi avec la Déesse avant qu’elle ne me mette dans ton ventre !, m’a-t-elle dit une fois »), comptant les pierres roulées qu’elle dépose une à une dans son petit chaudron en fonte. J’aime l’embrasser quand elle dort, ramenant sur elle la couverture alors qu’elle est blottie contre sa douce et parme poupée Déesse qui fut un de ces premiers cadeaux.

Je pensais connaître la joie jusqu’à ce que je l’entende avec sa petite bouche chanter l’air familier de « We all comme from the goddess ». Je lui ai souvent chanté pour l’endormir et quand nous jouons du tambour. Mais ce fut lorsqu’elle l’a chanta seule et spontanément avec sa douce voix de bébé, peut-être parce que je suis sa mère, mais c’était pour moi ce que j’avais entendu de plus beau ou de plus signifiant.

«  - C’est ma chanson préférée, maman !, déclara-t-elle en dansant en cercle autour de moi.
     -  Pour moi aussi, trésor. Pour moi aussi. »



Sources recommandées :

There are wonderful resources available to help share the ways of the Goddess with young children.  Some of my favorites include:

Circle Round: Raising Children in Goddess Traditions, Starhawk, Diane Baker, Anne Hill, Bantam 2000 ISBN 0553378058 

Circle Round and Sing - Album, Anne Hill, Serpentine Music, ASIN: B00004TATV 

Celebrating the Great Mother: A Handbook of Earth-Honoring Activities for Parents and Children, Cait Johnson, Maura D. Shaw, Destiny Books 1995, ISBN 0892815507

Seven Times the Sun: Guiding Your Child Through the Rhythms of the Day, Shea Darian, Gilead Press, 1999, ISBN: 0967571308

Earthways: Simple Environmental Activities for Young Children, Carol Petrash, Donald Cook, Gryphon House, 1992, ISBN: 087659156X 

Moon Mother, Moon Daughter: Myths and Rituals That Celebrate a Girl's Coming-of-Age, Janet Lucy, Terri Allison, Fair Winds Press, 2002, ISBN: 1931412138  

Sacred Source -  Child-sized Goddess statuary

Dancing Goddess Dolls - Handmade Goddess and God dolls for children of all ages.