mercredi 11 mai 2016

Elle est dans mon Cœur - Partager la Voie de la Déesse avec ma fille par Jhenah Telyndru, The Beltane Papers n°41, 2007

Traduction et adaptation par Delphine Serpentine



     -    Comme ça maman ? ”

-          Oui comme ça ma Chérie.”

 
Ma fille de trois ans était penchée sur les têtes duveteuses des pissenlits leur demandant à voix basse la permission de les cueillir. Après un moment, celui de recevoir la réponse, Ariana lève son regard vers moi et m’annonce excitée « elle a dit oui maman ! ».

J’opinai du chef. Avec soin et l’intention ciblée qui vient si naturellement aux enfants, elle cueillit la fleur, la pressa contre sa poitrine tout en faisant s’envoler une partie des graines dans son enthousiasme.
«        Que vas-tu faire avec maintenant mon lapin ? , demandai-je.

-          Je vais envoyer des baisers à la Déesse ! »

Elle ferma les yeux un instant, sa bouche rose pointant en avant sur la tête blanche du pissenlit. Puis elle souffla joyeusement, libérant les graines qui prirent leur envol dans les airs. Entourée de flocons blancs, elle riait avec délice. Vivre dans une zone urbaine comme nous fait que j’ai pris soin à lui enseigner la Nature et ses cycles. C’est subtil comme les fleurs qui s’épanouissent dans les failles des trottoirs pour convoyer des baisers à la Déesse, jusqu’à la magnifique Lune qui nous suit à la maison pour veiller sur notre sécurité, partageant les voies de la Déesse avec ma petite file de quatre ans maintenant. Ce qui m’apporte une joie incommensurable.

En tant que prêtresse dédiée depuis plusieurs années au culte de la Dame, j’avais vécu ma grossesse le plus consciemment possible, connectée aux énergies de la Grande Mère et lui demandant sa bénédiction pour le miracle grandissant en ma matrice. Lorsque Ariana Starling naquit en urgence par césarienne la veille du 11 septembre, mon monde se réduisit à cette enfant minuscule arrivée dans un monde d’incertitudes, au cœur de sa propre lutte. Elle passa neuf jours en soins intensifs, reliées à des tubes, des machines recouvrant son corps. Elle lutta pour gagner en force. Bien que ma ville natale ait été  attaquée, je pouvais à peine gérer tout cela à la lumière de mon cœur brisé alors que je lui envoyais tout le reiki que j’avais dans son petit corps malgré mon propre état de faiblesse.

La peine de quitter l’hôpital sans son enfant à peine né est sans égale, et bien que je fus affligée, je savais qu’il y a des femmes qui ne sont pas sûres que leur petit sera bientôt en bon santé et  la maison. Je priais pour être guidée, réconfortée et pour la guérison et, pour finir, mon désir le plus cher fut assouvi : ma chère petite fut à la maison, avec nous, saine et sauve.

Les quatre années qui suivirent et jusqu’à maintenant, il n’y a pas un jour où je ne remercie pas la Déesse pour ma fille, ma plus grande bénédiction dans la vie. Je considère comme un grand honneur et une responsabilité énorme de guider son âme lumineuse à travers la croissance et l’expérience jusqu’au jour où elle revendiquera sa pleine souveraineté de femme. Qu’avec des ailes fortes, désireuse de s’envoler, elle quittera la sécurité du nid, prête à suivre les courants de son choix. Mon espoir est que, lorsque viendra ce jour, elle aura avec elle une bonne base morale et une conscience de soi, forte et centrée pour la rendre capable de traverser chaque tempête et d’atteindre tous les sommets, peu importe leur hauteur.

Dans son œuvre de changement de vie, Circle of Stones: Woman’s Journey to Herself, l’auteur 
Judith Duerk demande :
 « En quoi votre vie aurait-elle été différent si il existait un endroit pour vous ? Un endroit où se 
rendre…un lieu de femmes afin d’y apprendre les chemins de la femme…un lieu où vous auriez 
été nourrie à la source ancienne, vous soutenant, vous renforçant, vous confirmant pour 
devenir vous-même. Un endroit avec des femmes pour vous aider à vous trouver et vous 
enseignant à faire confiance à la source ancienne déjà présente en vous…attendant la libération…
un lieu de femmes…en quoi votre vie peut être différente ? ».
 Pour ma fille et celles des autres femmes les élevant en connaissant la Déesse et en reconnaissant
 leur nature sacrée en tant que femme, nous avons créé ce lieu, même si, pour la plupart, il ne 
s’agissait pas tant de ça. En quoi ma vie aurait réellement différente si, comme ma fille,  j’avais 
pu pénétrer dans la sombre obscurité d’une tente de sudation de la Vierge à l’âge de trois ans ? 
Si j’avais appris à chercher mes réponses et recevoir ma validation provenant de mon for 
intérieur ? Si j’avais connu que mes expériences en tant que fillette puis femme étaient sacrées ? 
Si j’avais été encouragée à trouver ma propre voie pour me connecter au Divin ?  Si j’avais été 
amenée à reconnaître que mon corps est beau, mes émotions puissantes et ma capacité à 
m’exprimer par moi-même sans limite ?
 
Une des façons que j’avais essayées pour entretenir le sens du sacré dans la vie de ma toute petite fille fut de l’inviter à partager lors d’expériences communes de la Déesse à des rassemblements féminins. Le rassemblement annuel dans le nord-est des Etats-Unis est un moment puissant pour de telles expériences. A son premier rassemblement, en 2004, Ariana et moi nous tenions hors de l’espace rituel, entourées d’amis et d’étrangers, tous unis dans notre amour pour la Déesse. Mon petit bout de trois ans arpentant le chemin, ramassant des cailloux et les offrants aux personnes alentours. Ces derniers étaient sous son charme et chérissaient la pierre toute spéciale qu’elle ramassait tout spécialement pour eux.
A cause du mauvais temps, le rituel d’ouverture se tenait en intérieur et nous étions assises au font du grand gymnase car je n’étais pas certain de l’attitude d’Ariana dans un si grand groupe de femmes et je ne voulais que l’énergie du travail soit perturbée. En réalité, je n’aurais pas dû être inquiète de ça. Elle était complétement prise par les chants et les tambours, se balançant au rythme des danseuses au serpent qui bénissaient l’espace sacré. A chaque quartier appelé, le groupe répondait «  Sois bénie » et dans le silence qui suivit Ariana dit haut et fort : « que la bénédiction soit ! ». Au son de sa voix, des centaines de femmes se retournèrent sur elle pour voir à qui appartenant cette petite voix pleine de confiance et elles sourirent à la plus petite des prêtresses. Et à chacun des quartiers, elle répondait «  que la bénédiction soit ! » dans son coin, faisant sourire et rire autour de nous.

Pour le reste du festival, tout le monde la connaissait et la reconnaissant. Surnommée « Prêtresse des Bénédictions, Ariana était approchée et pris dans ses bras de nombreuses femmes qui avaient été touchées par sa participation durant le rituel. Durant le festival, je réalisais qu’Ariana avait appris sur la Déesse et sur sa propre nature spirituelle, ce processus véritable qui était une source d’enseignement, d’ouverture et de guérison pour les autres femmes présentes. Je n’ai jamais été aussi fière d’être simplement « la mère d’Ariana » et c’est un rôle que je chérirai toujours, maintenant ainsi la joie dans mon cœur.

Voir la puissance de la Déesse dans les yeux d’un enfant, c’est comme la voir pour la première fois.
La danse spiralée des feuilles poussées par le vent devient bien plus magique quand un enfant s’en réjouit.

Prêter attention aux cycles de la lune détient bien plus de mystères ainsi que de tracer son flux et reflux avec le ruban d’une vierge à vos côtés. A travers l’émerveillement et la joie de ma fille, certaines choses que je pensais avoir comprises et maîtrisées symboliquement et intellectuellement ont trouvé dans mon âme de quoi s’enraciner et s’épanouir à nouveau, imprégnées par la grâce et le sentiment d’une profonde beauté.

Me rappelant comment j’avais procédé lors de mes premiers pas sur la voie de la Déesse, je me remémorais comme il était difficile pour moi d’entendre Sa voix avec clarté et discernement. Cela prend du temps pour démêler les nœuds de ma résistance intérieure, prise dans mes problèmes d’estime de soi et d’inutilité.

En quoi mon expérience aurait été différente si je n’avais pas passé autant de temps et d’énergie à me combattre et me remettre en question ! Je sais que si je pouvais offrire uen chose à a fille ce serait d’avoir confiance en sa sagesse intérieure et de réaliser pleinement sa nature sacrée en reconnaissant que la source du Divin est partout et surtout en soi.

Une nuit alors qu’Ariana était prête à se coucher, elle regarda la Déesse accrochée au-dessus de notre lit depuis le jour de sa naissance.

«  -       Qui est cette dame, Maman ? »

Elle désigna l’image du doigt. Je l’avais acheté car elle m’évoquait l’énergie de la Déesse m’ayant inspiré le nom de ma fille.

«    -     C’est une représentation de la Déesse, lui dis-je.

-          C’est la Déesse ?

-          Non ma chérie ! Ce n’est pas Elle. C’est juste une image d’Elle. Elle nous rappelle qu’Elle est toujours avec nous, veillant sur nous, nous aimant.

-          Oooh, dit-elle, comme si elle avait compris.

Je profitais de ce moment.

-          Sais-tu où est réellement la Déesse ?

Elle regarda l’image, réfléchit un moment.

-          Dans tout ce qui nous entoure avec la Lune et les Etoiles ? répondit-elle en observant attentivement l’image la surplombant.

Je souriai.

-          Non, mon trésor, par dans ce qui nous entoure. La Déesse vit dans nos cœurs.

-          Dans mon cœur ? répéta-t-elle, doutant de cette nouvelle information.

-          C’est ça. Dans ton cœur. Et chaque fois que tu voudras Lui parler, tout ce dont tu as besoin est de fermer les yeux et de poser tes mains sur ton cœur. Tu le sentiras s’emplir d’amour. Une fois que tu sens cet amour doux et chaleureux, tu pourras Lui parler de ce que tu veux. Essaie !

Alors elle ferma ses yeux et mit ses mains sur son cœur.

-          C’est ça, l’encourageai-je, pense à tout ce qui te rend heureuse : dessiner, danser, jouer avec les chats. Tout ce que tu veux. Maintenant, pense à toutes les personnes que tu aimes et qui t’aiment : moi, papa, tes grands-parents et cousins et oncles et tantes. Pense à tout ça comme si tu voulais les embrasser et les serrer contre toi, dans la douce chaleur que tu sens dans ton cœur.

Alors que je parlais, je voyais un sourire s’épanouir sur son visage au fur et à mesure qu’elle imaginait toutes ces choses.

-          Comment te sens-tu ?, demandai-je.

-          Bien !

-          Très bien ! C’est là où se tient la Déesse, là dans ton cœur ! Maintenant tu peux La questionner et Lui parler de tout ce que tu veux.

-          Ok, dit-elle, et elle resta calme durant quelques instantes. Je relevais la façon instinctive avec laquelle sa respiration était devenue apaisée et rythmée.

Elle ouvrit les yeux.

-          La Déesse a dit qu’Elle était aussi dans ton cœur, Maman !

Les larmes aux yeux, je lui répondis :

-          Oui ! Oui, Elle y est ! Elle est dans le cœur de tout ce qui vit.

-          Même mes chats ?

Je l’attrapai et lui donna un énorme câlin :

-          Particulièrement dans tes chats ! »

Il est difficile de savoir ce qu’un jeune enfant comprend vraiment de concepts abstraits tels que la Déesse et l’amour et ce que l’on comprend « par le cœur ».J’avais trouvé qu’il était important de ménager un espace pour ces concepts et les renforcer le plus possible quand les opportunités se manifestaient. Je suis souvent étonnée par le niveau élevé de réflexion qu’un enfant est capable de démontrer, notamment en matière de spiritualité. Peut-être est-ce parce qu’ils sont plus proches du’ monde spirituel que nous, et qu’ils ont les souvenirs de la vraie nature de leur âme. Ou peut-être est-ce car ils ne savent pas encore que ce veut dire « impossibilité », une bénédiction dont je pense qu’il est du devoir des parents de protéger. Et même en sachant cela, je suis souvent impressionnée et ressens de l’humilité face à ma fille.

« - Maman, qu’est-ce qui ne va pas avec Arbres-et-Fenêtres ? Elle ne bouge plus. »

L’inévitable question qui arriva plus tôt que je n’avais espéré. Mon mari avait gagné un poisson rouge pour Ariana à une kermesse le week-end précédent. Elle avait pris son petit poisson et l’avait nommé Arbres-et-Fenêtres. Nous avons pris un bocal avec des perles bleu cobalt et un morceau de corail pour lui faire un petit nid douillet. Nous avions mis le bocal dans la chambre d’Ariana et, fièrement, elle la nourrissait quotidiennement. Et maintenant ça 

J’ai suivi Ariana dans sa chambre et constata qu’Arbres-et-Fenêtres n’était plus parmi nous. Son corps flottait à la surface de l’eau, le ventre en l’air. Ah !Comment expliquer la mort à une enfant de trois ans ! Je l’ai prise contre moi.

«     -    Chérie, j’ai bien peur qu’Arbres-et-Fenêtres ne soit morte.

-          Morte ?

-          Oui mon Amour. Elle est retournée vers la Déesse et tout ce qui reste est son corps. »

Elle versa quelques larmes quand nous enlevâmes le corps du bocal et, avec révérence, le corps du petit poisson eu sa cérémonie de la spirale aquatique de la renaissance – les toilettes.

J’ai pris le bocal vide, Ariana resta en retrait car elle voulait passer un peu de temps seule. Après un moment, elle vient me voir et déclare :

«     -    Maman, Arbres-et-Fenêtres ne me manque pas.

-          Ah bon ? Pourquoi ?

-          Parce qu’elle est dans mon cœur. Elle est partie vers la Déesse et la Déesse est dans mon cœur alors Arbres-et-Fenêtres y est aussi. »

Bonté ! Quel bond en avant pour un jeune enfant sur un tel concept théologique si complexe ! J’étais heureuse et étonnée qu’elle ait été capable d’intégrer cela. J’essayais de lui enseigner avec douceur et qu’elle était capable d’en user comme source de réconfort. Ainsi, cela évoquait la reconnaissance de l’interconnexion, d’une compréhension dont je crois qu’elle estla fondation pour une vie vécue en harmonie, avec respect de la Terre et de ce qui y vit.

J’ai appris aussi que la présence du Présent (notion temporelle) sacré est le constant compagnon d’un enfant. Ma fille n’a pas besoin de penser à honorer l’essence de vie, c’est une seconde nature pour elle d’avoir de la gratitude pour les dons des feuilles, des fleurs et grains, d’envoyer des baisers au Soleil pour sa chaleur ou d’étreindre fraternellement chaque arbre que nous croisons. La beauté du cheminement sur la voie de la Déesse avec Ariana est que je découvre des ouvertures dans des domaines dont je ne pensais pas que c’était possible dans ma vie, ainsi j’apprends à voir et à explorer le monde d’une nouvelle façon. Qu’il s’agisse de regarder les fées parmi les fleurs sauvages ou de remercier les criquets pour leur chant crépusculaire, je soigne les vielles blessures de la limitation, m’offrant une renaissance à travers le don que représente ma fille. 

J’aime la regarder lorsqu’elle est complétement immergé dans son monde intérieur, inattentive à ma présence, sans aucune conscience de soi. Elle construit des maisons de fées avec des pierres et des branches lorsque nous sommes chez sa grand-mère, elle cuisine des tartes et des gâteaux magiques à donner pour ses dînettes avec les fées. Elle aime réarranger l’autel que nous avons dressé dans sa chambre, le parsemant toutes sortes de feuilles, de coquillages et fleurs pour le décorer, parlant à la gravure sur bois de la Déesse tenant un bébé (« C’est moi avec la Déesse avant qu’elle ne me mette dans ton ventre !, m’a-t-elle dit une fois »), comptant les pierres roulées qu’elle dépose une à une dans son petit chaudron en fonte. J’aime l’embrasser quand elle dort, ramenant sur elle la couverture alors qu’elle est blottie contre sa douce et parme poupée Déesse qui fut un de ces premiers cadeaux.

Je pensais connaître la joie jusqu’à ce que je l’entende avec sa petite bouche chanter l’air familier de « We all comme from the goddess ». Je lui ai souvent chanté pour l’endormir et quand nous jouons du tambour. Mais ce fut lorsqu’elle l’a chanta seule et spontanément avec sa douce voix de bébé, peut-être parce que je suis sa mère, mais c’était pour moi ce que j’avais entendu de plus beau ou de plus signifiant.

«  - C’est ma chanson préférée, maman !, déclara-t-elle en dansant en cercle autour de moi.
     -  Pour moi aussi, trésor. Pour moi aussi. »



Sources recommandées :

There are wonderful resources available to help share the ways of the Goddess with young children.  Some of my favorites include:

Circle Round: Raising Children in Goddess Traditions, Starhawk, Diane Baker, Anne Hill, Bantam 2000 ISBN 0553378058 

Circle Round and Sing - Album, Anne Hill, Serpentine Music, ASIN: B00004TATV 

Celebrating the Great Mother: A Handbook of Earth-Honoring Activities for Parents and Children, Cait Johnson, Maura D. Shaw, Destiny Books 1995, ISBN 0892815507

Seven Times the Sun: Guiding Your Child Through the Rhythms of the Day, Shea Darian, Gilead Press, 1999, ISBN: 0967571308

Earthways: Simple Environmental Activities for Young Children, Carol Petrash, Donald Cook, Gryphon House, 1992, ISBN: 087659156X 

Moon Mother, Moon Daughter: Myths and Rituals That Celebrate a Girl's Coming-of-Age, Janet Lucy, Terri Allison, Fair Winds Press, 2002, ISBN: 1931412138  

Sacred Source -  Child-sized Goddess statuary

Dancing Goddess Dolls - Handmade Goddess and God dolls for children of all ages.


lundi 9 mai 2016

La Station d' Emergence, extrait d'Avalon Within de Jhenha Telyndru

Traduction et adaptation par Delphine Serpentine

«  Trois choses qui toujours augmentent : la lumière, la vie et la vérité. »

Triade Celtique


Nemetona - Selena French
Nous revenons de l’Autre-Monde, royaume de l’Inconscient, des profondeurs duquel nous avons libéré des connaissances enfouies. Là se trouve l’épée prise dans la pierre – la libération de la vérité du carcan illusoire.

Avec cette énergie libérée à notre disposition, nous cherchons une vision de la manifestation de notre soi le plus élevé, et nous plantons les graines de plénitude dans le terreau fertile de nos âmes. Ayant bu directement au puit intérieur, nous sommes capables de nous lier au potentiel infini des paysages revitalisés, et cela, en conscience. Ce renouveau intérieur s’étend avec force, porteur de possibilités, attrayant par la beauté donnée dans le choix. Il n’y a plus de limite issue du passé, nous avons le pouvoir de catalyser ce qui peut être.


 

La Station d’Émergence dans le Cycle Solaire



La Part Claire de l’Année s’élève dans les feux purificateurs de Calan Mai (Beltane). Le monde est englouti par la vibrante intensité de la nature verdoyante s’accroissant  comme une vague fertile d’énergies vitales s’abattant que les terres. Pour les celtes brittons, Calan Mai marque le début de l’été et tourne l’attention sur ce qui agricole et social. Tout comme le monde naturel.  Alors que la Nature explose en une multitude de recommencements et la promesse d’un  immense potentiel dans toute cette frénésie, ainsi les Brittons  sortent de leur réclusion hivernale en y laissant les activités qui y sont reliées. L’été est le moment de renforcer les liens communautaires et économiques avec ses voisins.

Rassembler pour les célébrations sur les lieux principaux des clans, les Brittons offraient leur gratitude pour le retour de la générosité de la Terre et  le développement des partenariats économiques assurait la survie pour les saisons à venir. Des contrats légaux étaient passés, le commerce de biens et de têtes de bétail avait lieu, de la divination agraire était faite, et les affaires financières en souffrance, réglées. Dans tout cela, nous discernons  que les Celtes préparaient ce qui était nécessaire pour l’hiver à venir. Ils se basaient sur cela pour les futures décisions et actes nécessaires au succès de la prochaine saison de croissance et d’abondance. Bien qu’aujourd’hui la plupart d’entre nous ne soient pas concernés par l’élevage et la culture, nous appréhendons la sagesse sous-jacente et les applications dans notre vie de telle façon à soutenir notre Soi en lui souhaitant et lui offrant les dons intérieurs que nous voulons cultiver.

Le grand défi de la Station d’Émergence est de manifester les révélations des plus abyssales profondeurs – la métamorphosante sagesse du Chaudron – dans la conscience de la Part Claire de l’Année. Toutefois il n’est pas suffisant d’être capable de voir. Nous devons agir de façon à faire surgir en dehors le changement qui reflète la connaissance intérieure nouvellement acquise. Lors de l’Émergence, nous plantons les graines de notre intention intérieure dans un sol rendu fertile par les énergies récupérées dans l’Ombre. A travers le mariage de ce qui est intérieur avec ce qui est extérieur, nous nous tenons entre la Lumière et l’Obscurité, nous œuvrons pour rendre conscient ce qui est inconscient, et cherchons une manifestation extérieure du vrai soi révélé dans l’obscurité.

Le but de la Station d’Émergence est de mettre en mouvement la Part Claire de l’Année en prenant part à ce mouvement. L’Émergence est alignée au énergies fertiles du Taureau Solaire – la beauté de l’abondance manifestée née du reflet du renouveau intérieur porté hors du monde sur Scorpion Lunaire.

 La Station d’Émergence dans le Cycle Lunaire – Premier Quartier



La Lune est dans son premier quartier entre le septième et le dixième jour après la Lune Noire. Durant cette phase, la moitié de la Lune est directement illuminée par le Soleil. Ce premier quartier est visible tout au long de son parcours dans le ciel. Elle se lève vers midi, atteint son apex au crépuscule et se couche sur l’ouest aux environs de minuit. Énergétiquement, il est propice de sortir de l’ombre, de planter les graines de la manifestation et de chercher un équilibre extérieur.

Questionnement intérieur de la Station d’Émergence



Prenez un moment pour méditer sur ces questions dans un espace clair et tranquille. Utilisez vos réponses pour dégager le but du travail de la Station d’Émergence. Assurez-vous de coucher vos pensées dans un journal – cela vous aidera à mesurer votre progrès dans la croissance et le changement provoqué par le travail du Cycle de Guérison Avalonien.



-    Quelles perspectives, situations, personnes ou autres vous apportent de la joie dans votre vie ? Qu’est-ce qui stimule votre sentiment d’être vivante ? Heureuse ? Accomplie ? D’avoir du plaisir ? Votre sentiment d’accomplissement ? D’équilibre ? Combien de fois vous permettez-vous de ressentir tout cela ?



-       Faites une liste de vos dons, talents, capacités et centres d’intérêts. Combien de temps dédiez-vous à la réalisation et au développement des points de cette liste ? Quelle part de ce que vous êtes à l’intérieur est connue à l’extérieur ? Quelle est la raison de cette dissonance avec le monde extérieur ? Quelle la raison de cette différence entre ce qui est à l’intérieur et ce qui est à l’extérieur ? Que pouvez-vous changer à cela ?



-       Si rien ne vous empêcher de réaliser votre idéal de vie, quel serait-il ? Que feriez-vous pour vivre ? Quels seraient vos loisirs ? Où vivriez-vous ? Quels seraient vos principes ? Que pouvez-vous faire pour réaliser cet idéal de vie ? Créez un plan d’action – un itinéraire spirituel- qui vous mène à destination.  Que devrez-vous accomplir en un an ? En trois ans ? En neuf ans ? Que pourriez-vous changer aujourd’hui pour vous mettre sur ce chemin ?



-        Pensez aux moments où vous avez atteint vos buts.
    Qu’aviez-vous fait dans ces cas-là qui fut différent des fois où vous aviez laissé tomber avec la réalisation de vos désirs ? Pouvez-vous discerner le motif de décisions et d’actions qui vous ont retenu et empêché d’être qui vous auriez pu être ? Que feriez-vous différemment ?



-    Réfléchissez aux visions obtenues lors de la Station de Descente et  aux réponses données au Questionnement Intérieur posé. Revisitez le travail fait lors de la Station de Confrontation et à la révélation de l’ombre au cœur de votre être. Comment pouvez-vous  appliquer de façon constructive la sagesse durement acquise à la Station d’Émergence ? De quelle façon pouvez-vous rediriger l’énergie libérée du royaume des ombres de l’Inconscient et les utiliser pour encourager la femme que vous devez devenir ?

Paysage Avalonien : La Source Blanche

Autres noms : La Source du Tor, Source de la Maison du Puit.
Cycle de guérison : Station d’Émergence 
Chaudron de transformation : Le moineau / l’aigle
Alignement élémental : l’Air
Centre énergétique : la gorge


La Source Blanche
Émergeant des Royaumes de l’Autre-Monde vers la douce lumière scintillante, la Source Blanche sourd de la Terre telle la libération des énergies de l’Inconscient s’élevant vers la surface, prêtes à nourrir toute graine de notre choix. Traversant la partie active du cycle, la Source Blanche détient l’énergie de la Station d’Emergence et sert de portail vers l’extérieur, tout comme la Source Rouge se tient à l’intersection de ce qui gît à l’intérieur.
Il y a une grande signification dans cette dualité. Elles vibrent de l’énergie de l’Autre-Monde celtique, comme le rouge et le blanc sont emblématiques dans l’Annwn.

Ses couleurs reviennent encore et encore dans la mythologie brittonne en connexion avec le royaume de l’Autre-Monde.


Côte à côte dans la vallée du Tor, ces deux sources ont des origines telluriques complétement différentes. Et leurs eaux manifestent des propriétés différentes, tant sur leur flux que sur la composition minérale.

La Source Rouge s’écoule de façon constante, et ce sans faiblir selon les relevés historiques, quand bien même les périodes de sécheresse. Sa haute teneur en fer, sa température constante semblent indiquer que ces eaux trouveraient leur origine loin de Glastonbury…peut-être même aussi loin que les Collines de Mendip dans le Nord (Ndt : à une trentaine de kilomètres).


Le flot de la Source Blanche, d’autre part, est bien plus sporadique, et sa haute teneur en calcium est attribuée aux strates de calcaire composant le sol du Tor de Glastonbury. Ces eaux jaillissent des profondeurs de la terre – potentiellement d’un ancien système artésien-  à travers les cavernes de calcaire gisant sous le Tor avant de confluer en un seul point à la surface. La haute teneur en calcium est telle qu’il y a une formation de pierres de flux, des dépôts minéraux déposés en couches successives au cœur des cavernes. En fait, des comptes rendus du XIX ème font état de l’environnement luxuriant aux abords de la Source Blanche comme étant le lieu de dépôt de matériaux calcaire créant des piscines naturelles et des formes minérales.
  Émergeant par la bouche d’une caverne pour se déverser dans un bassin de calcaire, les eaux de la Source Blanche, aussi connue comme Source du Tor, sont vénérées comme sa proche voisine, la Source Rouge. Il est pensé que les flots des deux sources se rencontrent à un moment de leur parcours, comme un mariage symbolique, avant d’atteindre les marais d’Avalon. Il est aisé d’appréhender cette vision fantastique de cette grotte, résonnant du goutte à goutte donnant naissance aux pierres calcifiées, menant aux cavernes du Tor, comme une entrée du Monde Souterrain de Gwyn ap Nudd. Quel spectacle cela devait être !

Malheureusement, la construction d’un réservoir en pierre en 1872 a complétement bouleversé la beauté naturelle de la Source Blanche, et depuis, a été détourné de son but d’origine pour devenir un café puis une bijouterie depuis quelques années. Malgré l’usage commercial de cet édifice, des manifestations de reconnaissance sur le pouvoir spirituel de la source se manifestent par le biais d’autels où l’eau s’écoule encore librement pour rejoindre au sol des réminiscences de canaux rappelant ceux du Puit du calice et de ses jardins.


 Bien que le lieu ait été altéré par la construction et le commerce, la nature spirituel de la Source Blanche est revendiquée et honorée aujourd’hui plus que jamais. Les Compagnons de la Source Blanche acquièrent la propriété en 2005 et, par étapes, reconvertirent le réservoir en temple. Avec les autels dédiés à la Dame d’Avalon, Gwyn ap Nudd, Brigit et Saint Michel, les plans de construction inclurent une série de bassins, soit pour l’immersion soit pour la réflexion. A l’extérieur du site, la Source Blanche s’écoule par une ouverture donnant sur la rue, tout comme pour la Source Rouge. Un autel extérieur, décoré de fleurs, de pierres et d’offrandes faites par les pèlerins, a été érigé là où les eaux sont recueillies.



Blanche, nourrissant et transformant tout ce qu’elle touche, la Source du Tor représente le lait de la Mère. C’est le flux vital et fertile délivré par les os de la Terre revenant à la surface avec les promesses de vie nouvelle et d’abondance. La nature fondamentale de la Source Blanche parle des strates les plus profondes donnant de nouveaux chemins et canalisant l’essence de ce qui est à l’intérieur. Complétant l’énergie menstruelle de la Source Rouge, la Source Blanche génère et construit, alors que la Rouge nettoie et décompose. Nous entrons dans l’obscurité par la matrice-chaudron de la Source Rouge et nous émergeons du Monde Souterrain par le portail brillant de la Source Blanche.



Ces deux sources sacrées détiennent l’essence de la nature duale de l’énergie avalonienne de transformation, reflétant les Dragons Rouge et Blanc encerclant le Tor de Glastonbury, se déroulant dans ses environs.

Nous devons embrasser les énergies de créations et de destruction. Et pour cela, traverser les entrelacs de lumière et d’obscurité –ou de ce qui est conscient et de ce qui demeure dans l’inconscient ; savoir s’ouvrir vers l’extérieur et cultiver une contemplation intérieure – afin que la croissance de l’âme et une évolution personnelle puissent se produire.


Immram à la Source Blanche d’Avalon



La Source Blanche est reliée à la Station d’Émergence dans le Cycle Avalonien de Guérison. Au seuil de cet étape, nous avons exprimé la manifestation extérieure de notre potentiel que nous avons reconnu en nous-même. Utilisez ce lieu sacré pour dynamiser votre voyage d’auto-actualisation ainsi que vous commencez à récupérer les énergies piégées dans l’obscurité. Plantez les graines de votre propre croissance dans le terreau renouvelé, fertile de votre âme.

Le défi dans ce processus de révision de soi est de se délivrer des schémas destructeurs en redirigeant votre énergie vers un nouveau but personnel vous donnant du pouvoir. Lors de cette station d’Émergence, le papillon-âme quitte le cocon de gestation se tenant dans l’obscurité et naît sous les auspices des promesses illimitées de la Part Claire du Cycle. Tout ce que nous rêvons, nous pouvons le devenir. Tout ce que nous nous efforçons d’obtenir, nous pouvons l’avoir. Toutes nos blessures sont autant de dons, tout dépend de la façon avec laquelle nous choisissons de percevoir. La Station d’Émergence nous appelle à creuser plus profondément dans le puit de nos potentiels et transforme le possible Soi Intérieur en une projection extérieur de Souveraineté.

Réalisez l’Immram vers l’Ile d’Avalon (premier audio). Dès que vous avez quittez la Barge d’Avalon, poursuivez avec le travail suivant.



Source inconnue
Le Voyage



C’est l’aurore. Quittant la Barge qui vous a transportée à travers le lac lisse comme un miroir jusqu’à l’Ile Sacrée, vous apercevez votre guide qui vous attend sur les rivages d’Avalon. Remerciez votre guide et informez-le de la raison qui vous a poussé à entreprendre ce voyage : votre désir de visiter la Source Blanche.

Demandez-lui de vous guider jusqu’à ce lieu.

Le paysage est recouvert d’une rosée scintillante attrapant les premiers rayons du Soleil levant. Alors que vous traversez les vergers, l’air vif du matin est empli par les chants d’oiseaux et le parfum des pommiers en fleur.

Le temps passe différemment ici. Les couleurs changeantes du point du jour créent une spectaculaire palette de  tons pastels composée des fleurs roses et blanches recouvrant tel un voile les pommiers d’Avalon jaillissant des brumes.

Les pentes douces des collines montent et descendent jusqu’au Tor, promontoire s’élevant avec douceur au milieu du paysage.

Soyez attentive à ce que vous voyez le long de votre chemin. Oubliez le chemin spiralé menant au sommet du Tor, oubliez cette silhouette majestueuse et immense de Terre enceinte à contre-jour. Soyez attentive à la vallée nichée entre ces deux lieux.

Tournez-vous légèrement sur votre droite, le chemin que vous suivez est vert, luxuriant, délicatement parfumé par les fleurs fraîchement écloses parmi les arbres.

L’énergie du chemin qui va en s’étrécissant commence à changer. Vos pas vous mènent à travers un petit bosquet de chênes décorés de fines lianes fleuries de jaune. Le passage conduit à une alcôve abritée, enchâssée dans d’étranges formes minérales qui semblent s’écouler des flancs de la colline. Partout, des bassins aux ondulations fossilisées recouvrent le sol. Même les plantes semblent se parer d’un blanc argenté. Approchant de l’alcôve, vous entendez puis voyez le flot des eaux émergeant par un mince orifice en surplomb sur un mur noir. Élevez votre regard en direction de cette ouverture, voyez qu’elle s’élargit avant de plonger profondément dans la colline. Des images mystiques des cavernes de cristal gisant sous le Tor surgissent. Les pierres blanches formées par les flots suivent le cours de l’eau qui dépose de nouvelles couches de minéraux, renouvelant ainsi les anciens canaux. L’alcôve entière est incrustée par des formations minérales créant un jardin magique de calcaire en mouvement.

Comme le lait de la Mère s’écoule à travers la Terre, le flot de l’eau suit sa route sinueuse à travers le paysage enchanté d’écluses en fines cascades jusqu’à une piscine naturelle baignant les racines exposées d’un gigantesque chêne. Les arbres anciens se reflètent sur les eaux scintillantes dont ils se nourrissent les rendant forts, droits, leurs têtes embellies par des fleurs jaunes. Aussi grand que ses racines sont profondes, le chêne relie les mondes du dessous et du dessus, tout comme ses racines s’entremêlent avec les eaux de la Source Blanche. Nourries par les eaux souterraines, cet arbre puissant s’étire jusqu’aux cieux les plus hauts.

Remarquez qu’un bol de bois tout simple est niché entre les racines du chêne. C’est une coupe de pèlerin, adoucie par l’usage et le passage des saisons. Vous la prenez et emplissez cette coupe avec le liquide riche en calcium. Et avec conscience et attention, vous en prenez une gorgée. Comme une vision blanche de la Grotte Sacrée, l’énergie purifiante de l’eau emplie votre âme. Prenez le temps d’apprécier l’expérience de ce sacrement, d’assimiler l’effet ressenti et la façon dont vos énergies personnelles en sont transformées.

Asseyez-vous à proximité de l’arbre et prenez la mesure de l’essence même de cet endroit. Tout est serein, au-delà des mots, bien que crépitant de l’énergie vitale accompagnant le renouveau printanier. Prenez le temps de suivre du regard le cours de l’eau, d’écouter le chant des oiseaux dans ce jeune matin, de sentir la chaleur croissante de ce nouveau jour. Observez votre reflet sur les eaux vous renvoyant tout ce que vous avez appris sur vous-même durant l’Obscurité.

Voyez comme le flot fait son chemin, suivant ses courbes depuis la bouche de la Terre, franchissant les pierres cherchant à le retenir, poursuivant sa propre voie à travers la nature verdoyante, transformant tout ce qu’il touche par sa pureté immaculée et scintillante. Votre âme résonne du chant de la Source Blanche : une eau vivante balayant les anciens schémas, trouvant et retrouvant des façons de sortit des profondeurs  de l’obscurité pour jaillir à la surface. Toujours à la poursuite de son but. La terre de votre âme a été renouvelée. Réceptive et fertile, qu’y planterez-vous dans votre quête de Souveraineté ?

Du plus profond de vos pensées en contemplant votre reflet, vous sentez s’élever une chaude brise qui agite les arbres vous surplombant. Trois lianes dorées de fleurs de chêne tombent dans l’eau effaçant votre reflet par de subtiles ondes qui se propagent sur toute la surface miroitante. Les ondes s’éloignent et vous contemplez à nouveau votre reflet apaisé contenant un symbole. Aussitôt que l’image est absorbée par l’eau, vous réalisez qu’il s’agit de la clef déverrouillant la porte de votre changement intérieur. Conservez avec précision dans votre esprit les détails de ce symbole.

L’arbre à vos côtés commence à vibrer subtilement. Vous vous levez pour vous tenir face à lui. Alors le chêne commence à luire, la texture de son écorce change sous vos yeux. Les replis de l’écorce deviennent une réplique brillante du symbole vu sur l’onde. Curieuse, vous tendez la main pour toucher l’image mais vos doigts passent à travers le tronc. Fascinée, l’appel du passage vous attire et vous franchissez l’arbre devenu intangible.

Votre vision décroît, le paysage change, et vous observez le monde du point de vue de l’arbre. Tout, autour de vous, est devenu le reflet du monde laissé derrière vous. Vous pouvez voir l’aura lumineuse de tout ce qui est vivant. L’eau de la source baignant vos racines est un courant d’énergie de force de vie émanant du cœur de la planète elle-même. Vos bras sont branches, votre chevelure, feuilles et fleurs, votre torse, un tronc, vos jambes et vos pieds, des racines. Appréciez ce moment pour ressentir tout cela, pour ne faire qu’un avec le chêne.

Devenez consciente de cette invitation brillante par-delà le fait des arbres. Bien que ce ne soit pas clair, vous en discernez suffisamment pour vous réjouir car ce que vous voyez est votre Soi renouvelé. Vous vous évertuez à toucher cette image, et malgré tous vos efforts, elle demeure hors d’atteinte de vos plus hautes branches. En comprenant que cette vision ne se réalisera si vous ne la revendiquez pas, envisagez comment vous pouvez aller plus loin, plus haut.

Le bassin d’eau laiteuse picote vos racines, votre attention se tourne vers le vaste complexe de racines ancrées profondément dans le sol, tirant sa nourriture de la terre riche. Vous ressentez une nouvelle croissance partant des plus fines racines, leur récente extension dans le sol tirant pour aller s’abreuver au flot souterrain de la Source Blanche. Ici, sous la surface, une abondante source d’énergies récemment libérées attend d’être tournée vers un but. Avec conscience, vous commencez à puiser dans les énergies de jouvence de la source, les ramenant de la terre jusqu’à votre système vasculaire d’arbre. Ainsi que cette énergie remonte vos racines, votre tronc, les eaux sacrées transfèrent leur potentiel souterrain vers la récolte les manifestant. Dès lors, l’eau s’étend dans la ramure de l’arbre jusqu’aux branches, jusqu’aux brindilles. Alors que cette énergie vibrante pénètre les plus petites parties, les eaux de transformation catalysent une incroyable poussée de croissance. Des pointes vert tendre apparaissent sur les traces des anciens bourgeons de l’année précédente. Ces promesses de feuilles se déroulent et les dernières fleurs jaunes du chêne s’ouvrent à l’air printanier.

La croissance accélère et la couronne de l’arbre prend vie, atteignant les cieux, cherchant à atteindre son plus haut point grâce à cet élan donné par les racines.

De plus en plus haut, de plus en plus haut, vous vous élevez – un peu désorientée par cet immense changement. Un doute soudain stoppe la montée d’énergie et la croissance s’arrête, ainsi que l’extension de votre large ramure. Vous tentez de vous concentrer et retrouver votre élan. Mais c’est comme si une barrière invisible vous empêcher de grandir plus. Vous portez haut dans le ciel et le poids de cette ramure commence à vous peser. C’est trop dur…bien trop dur.

La croissance s’est fait trop vite. Le silence imperturbable, le son lointain d’un souffle de vent à travers les vergers. Il arrive sur vous et vous bouscule de toutes parts, apportant avec lui le parfum des fleurs de pommier, ce souffle d’air anime vos branches et leur donne le chant de la brise. Un sentiment de renouvellement revient, votre vigueur revient. Le vent semble avoir balayé vos doutes et vous avoir libérée de l’épuisement et de la stagnation. Votre ramure s’élance à nouveau, grandissant, forcissant jusqu’à toucher l’image de votre prêtresse intérieure qui ne se trouve plus hors d’atteinte.

A l’instant où vous touchez cette image, l’énergie qu’elle contient coule à travers vous dans un torrent de scènes, de visions. Soyez attentive à tout ce que vous voyez. Cela peut être des informations importantes qui vous aideront à aboutir à cette image de Souveraineté que vous venez de voir.

Au moment de la connexion entre le chêne et la vision céleste, la croissance accélère et un petit gland se forme. Cette graine encapsulée grandit, mûrit puis tombe dans le bassin à votre pied.

Vous vous inclinez pour saisir le gland et constatez que vous êtes sortie de l’arbre. Vous descendez dans l’eau et vous prenez le gland dans votre main et sentez les puissantes énergies dont il est saturé. Vous vous retournez pour remercier le chêne qui pulse de toute son essence vitale renouvelée. Le symbole sur le tronc est toujours là et, avec intention, vous utilisez un cycle de neuf respirations pour le retirer de l’écorce. Vous emplissez à nouveau la coupe de bois et déversez une libation pleine de gratitude sur les racines du chêne. Les branches se nimbent de lumière et se balancent d’avant et arrière au gré du vent.

Vous regardez vos mains et les trouvez changées : brillantes, fortes, pleines de puissance. Tout ce que vous pouvez devenir est contenu dans l’essence du gland, et vous savez que vous avez toutes les capacités pour atteindre votre pleine maturité. Vous avez touché les possibles réalisés dans la lumière croissante du soleil, gardez cette pensée à l’esprit et prenez une dernière gorgée de la Source Blanche. Autorisez ces eaux à emplir de pouvoir la voie que vous avez choisi et le plus haut but que vous vous êtes donné, renaissant de vos vieilles perspectives, transformée par les visions intérieures faites en conscience. Prenez le gland avec vous afin qu’il soit planté dans le terreau préparé de votre âme.

Prenez un moment pour réfléchir à votre expérience. Lorsque vous serez prête, laissez votre guide vous reconduire à travers les vergers jusqu’aux rivages où la Barge vous attend.

Tournez-vous une fois encore vers l’Île et remerciez la Dame et tous les gardiens de ce lieu sacré pour vous avoir accueillie et soutenue dans votre travail. Dites au revoir à votre guide et montez dans la Barge pour achever votre voyage de l’autre côté du lac, emportant avec vous le souvenir de ce que vous venez de vivre.


Revisiter son Soi



Alors que vous poursuivez votre connexion avec la Source Blanche et que vous participez au processus de reconnaissance du potentiel émergeant de vous, revenez en arrière et reprenez les questions de réflexion intérieure posées plus haut.  Comment vos réponses ont changé ? Que génère ce changement ? Comment briserez-vous les anciens schémas et construirez-vous votre nouveau chemin ? Quels sont les choix qui se posent à vous ? Comment travailler avec vos visons et vos connexions de façon à ce qu’elles changent votre vie ?



Outil de la Station : Le Passage



Le travail du Passage est une technique incroyablement puissante qui aidera à découvrir la signification des symboles, qu’ils soient universels ou personnels. En maîtrisant cet outil, nous ne serons plus limitées par les significations standards et les informations trouvées dans les livres de symboles. S’informer à ce type de sources nous laisse souvent sur notre faim. Spécialement quand des images difficiles à interpréter sont reçues durant les Immrama, les méditations et les rêves. Quand nous recevons des informations durant notre travail, cela est filtré par notre champ énergétique avant de surgir à la conscience sous forme de symbole. Ainsi, l’univers utilise notre énergie personnelle pour communiquer avec nous dans un langage que nous comprenons.

Il est important, cependant, pour nous d’apprendre à décrypter notre propre code plutôt que d’essayer de se conformer à celui des autres. Ou pire de se restreindre avec les limitations de la connaissance d’autrui.

Considérons qu’il y a deux types différents de symboles : les archétypes universels et les symboles personnels. Les archétypes universels sont compris comme la même information basique par tout à chacun. Ils représentent la sagesse de l’Inconscient collectif. Les symboles personnels auront une signification exclusivement pour un individu et seront adressé directement  lui durant un travail. Parfois un les symboles universels sont aussi des symboles personnels. Travailler avec élargit le champ sur deux niveaux. Toutefois il est important de prendre en compte le contexte dans lequel est reçu le symbole : était-ce une réponse à une question spécifique ? Ou avez-vous essayé de découvrir le sens caché d’un objet ou d’un symbole magique ? Par exemple, le chaudron est un symbole universel, et réaliser un travail de Passage pour obtenir sa signification peut ouvrir sur une information de type archétypale. Mais si vous avez reçu l’image du chaudron au cours d’un travail personnel ou durant un Immram, vous obtiendrez de votre Passage  une information liée à vous seule et la situation que vous avez vu avec netteté.

La clef d’un travail de Passage réussi n’est pas de rédiger, de juger ou de rejeter ce que vous avez vu quand vous passez la port. Une énorme part du processus de croissance personnelle et de prise de pouvoir intérieur se place là où vous avez foi en l’information reçue durant le travail. Pour commencer, cette foi requiert que vous abandonniez l’incrédulité pour développer de nouvelles façons de voir et d’apprendre pour comprendre le langage de l’univers. Il n’est pas dit que vous devez accepter aveuglément n’importe quoi comme étant parfaitement vrai. Surtout au début où beaucoup de ce que vous verrez sera allégorique et très personnel.

Un discernement lucide accompagne l’extension de notre vision avec la clarté acquise par le travail mené à travers les Stations du Cycle de Guérison Avalonien. Nous nous approchons de notre authenticité par la résolution de nos problèmes.

Par ce travail, vous serez en mesure de percevoir un peu plus du Grand Motif et de séparer vos propres fils de l’ensemble. Développer le discernement et la confiance en nous et notre connexion avec le Divin est ardu, mais une fois acquis, un nouveau degré de travail entièrement nouveau s’ouvre à nous.

Lorsque vous serez prête à commencer, prenez place dans votre espace sacré et prenez votre Souffle de Pouvoir jusqu’à vous trouver ancrée, centrée, concentrée, clarifiée. Connectez-vous avec l’intention de faire votre Passage et remémorez-vous les circonstances dans lesquelles vous avez reçu ce symbole. Était-ce une réponse à une question que vous posiez ? Était-ce un don que vous avez reçu lors d’un des Immrama ? Est-ce un élément issu d’un rêve dans lequel vous l’avez vu clairement ? Le contexte est un élément important dans votre œuvre avec le Passage et sert de support à chaque travail.

Ensuite, avec votre œil de l’esprit, visualisez un Passage ou un Portail. Cela peut être n’importe quel genre de porte : de la simple porte en bois à un mégalithe ou encore un portique de marbre. Choisissez le Passage qui vous semble le mieux. Si vous rencontrez des difficultés, demandez de l’aide à votre guide. Au début, il est plus facile de travailler avec la même porte. Ainsi vous associerez cette porte en particulier avec le déverrouillage de l’information dont vous aurez besoin, et chaque utilisation avec cette intention de cette porte augmentera son pouvoir. Quand vous serez devenue une habituée de cet outil, vous pourrez tenter d’autres types de portes qui prépareront votre travail. Certaines femmes utilisent une porte différente si elles désirent des informations archétypales plutôt que de réaliser un travail personnel. D’autres voient leur porte changer à chaque fois. Soyez ouvert à toutes possibilités, mais restez concentrée sur votre attention.

Lorsque vous avez choisi la forme de votre Passage, asseyez-vous et respirez-le pour l’attirer dans votre existence. Créez une image mentale de votre passage et emplissez-la de votre énergie et de votre intention jusqu’à la sentir complète et solide. Vous devriez être capable de la voir très clairement avec l’œil de l’esprit. Quand elle sera aussi solide qu’elle doit l’être – plus vous pratiquerez, plus solide sera la porte – posez le symbole que vous voulez travailler sur la porte et donner le souffle de vie de la même façon que vous avez construit cette porte. Il est important  de relever tous les détails du symbole aussi précisément que possible –couleur, direction, composition, dimension, contexte – si bien que vous pourrez les reproduire au moment du Passage. Toute subtilité peut créer des différences lors de la découverte de la signification du symbole.

Une fois le symbole fermement fixé sur la porte, ouvre-la et franchissez le seuil. Vous pouvez « entrer » de deux façons. Vous pouvez le faire avec l’œil de l’esprit ou vous pouvez tracer la porte et son symbole face à vous. Donnez-leur vie par votre volonté et votre intention puis ouvrez et passez cette construction énergétique avec votre corps physique. De cette façon, le franchissement du seuil ouvrira votre conscience à l’information contenue dans le symbole. Il existe plusieurs façons de rendre ce genre d’informations disponibles : vous pouvez faire une rencontre, voir des images, avoir des visions, entendre des voix, voir des couleurs, percevoir des énergies, raviver des souvenirs. Les possibilités sont infinies. Ne soyez pas effrayée à l’idée d’explorer ce qu’il y a de l’autre côté de la porte. Regardez autour de vous, poser des questions. Vous remarquerez qu’à chaque porte créée, l’information viendra d’elle-même par différents chemins (une rencontre une fois, juste une voix ensuite). Ce n’est pas rare. Acceptez toutes les formes sous lesquelles l’information se manifeste. A travers le temps, un modèle se dégagera par les notes prises permettant de relever les répétitions.

Le Passage est une technique ardue à maîtriser. Ne vous laissez pas décourager car c’est un outil extrêmement utile. Comme pour toutes capacités, la pratique est la clef du succès. Très souvent plus un problème est chargé émotionnellement, plus cela est difficile (et plus important également) d’ouvrir le passage. Votre guide est une excellente ressource pour ce type de travail. Vous pouvez demander son assistance pour ouvrir la porte et obtenir l’information dont vous avez besoin une fois de l’autre côté.

Quand vous ressentirez que vous avez reçu toutes les informations possibles sur la session, revenez sur vos pas, franchissez la porte et fermez-la soigneusement derrière vous. Si vous avez érigé la porte énergétiquement, renvoyez son énergie en Terre. Dès que possible, écrivez votre expériences et dessinez tous les symboles, toute les images trouvés derrière la porte. Même si vous avez rien que ne fasse sens pour l’instant, conservez-en une trace car cela pourrait fournir quelques lumières sur des visions ultérieures sur le chemin de votre croissance.

Il est possible de travailler par les Passages et de un symbole des centaines de fois avant d’avoir compris toutes les informations qu’il contient, spécialement si c’est un symbole universel. Ne vous contentez pas d’un seul passage. Accordez-vous au moins une semaine entière pour chaque symbole et travailler avec les symboles additionnels qui pourraient se présenter. Si vous allez à la rencontre de la Déesse lors de la Lune, demandez-lui un symbole qui vous guidera dans votre cycle à venir et réalisez ce passage chaque soir. A la prochaine Lune, représentez-vous à la Déesse à la Lune suivante avec les visions acquises et demandez-lui quelle est l’étape suivante.

Les Passages offrent une structure pour la méditation, aidant à recevoir la sagesse intérieure de l’univers qui fait partie de vous. Ce travail est puissant et peut avoir plusieurs usages. Vous pouvez créer des Passages avec votre nom, votre signature, quelque chose représentant un choix qui vous tient à cœur, une image, un nombre, une plante, un symbole de la Déesse, un présent reçu en rêve ou lors d’une divination. Encore une fois, les possibilités sont infinies.

Apprenez à entendre la voix de l’univers et trouvez les réponses à vos propres questions en orientant votre regard vers l’intérieur ce qui la clef pour votre prise de pouvoir personnel et votre évolution intérieure. Cela renforce la notion que vous avez le pouvoir de changer votre vie aussi bien que la sagesse qui vous guide vers votre intégrité.
Rappelez-vous l’axiome ancien : « Si vous posez la question…vous avez déjà la réponse. ».